Dans le monde de la santé, on agit souvent en réaction. Les symptômes deviennent les maîtres de la décision, dictant examens, prescriptions, recommandations.
En micronutrition pourtant, ce réflexe est un leurre. Le symptôme n’est pas le début. Il surgit quand le corps, après avoir longtemps compensé, atteint son point de rupture. Quand l’équilibre se fissure et que l’ombre de la pathologie s’installe.
Alors il faut poser la question :
Et si on se trompait de point de départ ? Et si l’on décidait d’intervenir bien avant les premiers signes visibles ?
Le corps se tait longtemps. Il ajuste, économise, réorganise. Il se bat en silence. Mais vient un moment où il ne peut plus. Le symptôme, alors, apparaît — non pas comme une alerte, mais comme un verdict.
Attendre ce moment, c’est comme attendre que le moteur d’une voiture casse pour ouvrir le capot.
Il existe pourtant un outil discret mais puissant : l’anamnèse alimentaire.
Cette anamnèse ne doit pas se contenter d’écouter les plaintes, elle doit lire dans les silences nutritionnels. Elle nécessite bien entendu de maîtriser la composition des aliments, leurs interactions, et les besoins précis du corps.
Bien menée, elle révèle les absents de l’assiette, les manques invisibles, les failles à venir. Elle donne à voir ce que le corps tait encore.
Une femme végétarienne, sous pilule, peu friande de fruits de mer ou de légumineuses, peut déjà souffrir d’un déficit en fer, en iode, en zinc, en B12… Et pourtant, elle va bien. Pour l’instant…
Alors, oui, agir avant, c’est notre rôle. La micronutrition n’est pas une médecine du symptôme. Elle est une lecture exigeante de l’écart entre ce que le corps demande et ce que nous lui offrons.
Agir plus tôt, c’est soigner autrement. Avec rigueur. Avec respect. Et avec lucidité.